Des pages les unes à côté des autres n’ont plus de centre, seulement la bordure d’elles-mêmes. Un dessin, verticalement, se lit au centre d’une page, le bruit, derrière un livre inscrit des mots à côté des mots, la lumière sur le coin du papier se comprend avec les phrases qui y sont inscrites.
Ce sont des poèmes, perçus à côté des pages comme des signes ou des indices. Des échos hasardeux, pas trop loin mais pas si près. Un ensemble qu’on a envie de rassembler, de faire entrer quelque part ou dans lequel on voudrait disparaître.
Il y a un ensemble de poésie qui amène la poésie.
À côté de la page situe tout un monde à la lisière du texte. Alors, où sommes-nous quand nous nous éloignons de la page ? Que disons-nous hors les mots ? Quand le poème s’étire et se fait plastique, visuel, textile, sonore.
Cette exposition est une porte au milieu d’une page, qui nous ouvre sur un monde immensément bleu où l’écriture se regarde la nuit. Nous donne à entendre tout à la fois, comme si l’on revenait sans cesse au même murmure. Le langage se fraie un chemin pour nos yeux et la carte de ce monde s’écrit dans le mouvement de nos corps.
Plusieurs fois, les mots coulent.
Plusieurs fois, ils émergent à la surface.
Entre les deux, ils passent peut-être par nous — ici, à côté, jamais tout à fait au milieu.
Selma Thies




