« Au galop sur son cheval barbe, telle une Cavalière de Canova, Louisa Babari s’est lancée dans une quête impossible. Impossible et nécessaire. Nécessaire et infinie. Infinie parce qu’impossible. On ne retrouve jamais complètement ses origines. L’histoire n’est au fond qu’un jeu de traces et d’écarts qui, à force d’oublis, de relectures et d’interprétations, la déplace, la fait sans cesse différer d’elle-même. Travail d’anarchiviste, l’œuvre de Louisa Babari déconstruit la conception puriste de l’arkhè, et sa définition comme fondement ultime, authentique, prétendument immuable. Tout au contraire, elle cherche à suivre les circonvolutions d’une mémoire impure et vivante, dont elle dévoile les survivances, ces formes résistances, à la fois mêmes et autres, qui transcendent les époques et hantent les imaginaires collectifs. La plasticienne a, pour cela, emprunté mille chemins et remonté le temps. Elle a suivi à la trace la lignée des Babari, collecté des récits archaïques, sondé l’âme guerrière des Aurès et exhumé les vestiges de l’Algérie berbero-romaine. Bien qu’à l’écoute des archéologues, elle a tiré de ses propres fouilles une documentation spéculative qui, en prise avec les faits historiques, n’en nie pas moins leur part de fiction. » (extrait)
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