Dans ses toiles, Mia Radford compose des scènes habitées par une tension entre réel et imaginaire. Des figures contemporaines, souvent issues de son entourage, évoluent dans des décors qui semblent suspendus hors du temps. L’espace pictural devient un lieu de transformation : les corps dialoguent avec des présences animales, les regards se perdent dans des profondeurs symboliques, et la lumière révèle autant qu’elle dissimule. Inspirée par les récits mythologiques et les héritages familiaux, sa peinture explore les liens entre mémoire intime et récits collectifs, entre instinct et construction culturelle. Chaque image agit comme une légende en train de s’écrire, où les histoires personnelles prennent une dimension universelle.
En écho, les dessins d’Helbe ouvrent des espaces silencieux. Intérieurs vides ou habités par l’absence, ses compositions capturent des fragments de vie figés, des lieux chargés d’une présence diffuse. L’architecture y devient sensible, presque organique, comme si les murs retenaient les traces de ceux qui les ont traversés. À travers une économie de moyens, Helbe donne à voir une autre forme de narration tout aussi habitée.
Légendes Urbaines propose ainsi une traversée entre deux formes d’habitation du monde : l’une incarnée, traversée par les corps, les récits et les symboles ; l’autre intériorisée, inscrite dans les lieux et leurs silences. Entre peinture et dessin, entre présence et absence, l’exposition fait émerger des mythologies contemporaines, nichées au cœur même de nos environnements familiers.



