« SF » formule autant de méthodes destinées à changer de point de vue, à tramer des conséquences dans les bauges réconfortantes, en vue de « penser avec une foule de compagnons1 », sans promesse de résultat, mais toujours intriqué.es les un.es aux autres.
Dans cette exposition, cette foule de compagnons comprend une vingtaine d’araignées domestiques, très certainement une communauté de blattes du panier, des taggeurs anonymes, une chanteuse de Zār, un indépendantiste exilé, un oncle surnommé Sisyphe, une tortue mystérieusement disparue, quatre complices et sept ami.es artistes.
Ces derniers ont formé.es une association en 2020, L’atelier des passeurs, afin de composer, couper, attacher, frayer des pistes ensemble, nouer des fils, feutrer des pensées. Toustes se connaissent depuis longtemps et ont en commun une pensée transfrontalière2, far away, déployée de part et d’autre de la méditerranée, entre le Maroc, l’Égypte, la France (plus particulièrement Marseille, où iels vivent) et l’Allemagne.
Références
- Donna Haraway, « Une pensée tentaculaire, Anthropocène, Capitalocène, Chthulucène », Vivre avec le trouble, Les éditions des mondes à faire, 2020, p. 59
- Walter Mignolo, « Géopolitique de la sensibilité et du savoir. (Dé)colonialité, pensée frontalière et désobéissance épistémologique », Mouvements n° 73, 2013



